Cérémonie de remise de la légion d’honneur à Kofi Annan le 2 mai 2013.
Extrait de mon discours à cette occasion:
“Votre vie, vous l’avez mise au service des Nations Unies, où vous avez passé quarante cinq ans. Dix ans Secrétaire général, vous avez profondément marqué cette institution. Vous avez agi avec ténacité et efficacité face aux crises. Vous avez été un réformateur et un visionnaire mobilisant par exemple l’ONU autour des objectifs du millénaire. La crise irakienne de 2003 reste probablement l’épisode le plus critique de vos mandats. Dans ce moment de tension extrême, vous avez tenu bon. En août 2003, un de vos proches collaborateurs et amis, vers lequel vont nos pensées, Sergio Vieira de Mello et vingt-deux autres membres du personnel, perdirent la vie dans l’attentat contre le quartier général des Nations Unies à Bagdad. Car l’ONU paie aussi le prix du sang pour préserver la paix dans le monde. Il reste que votre analyse de la situation irakienne était la bonne et que vous avez tout mis en œuvre pour faire triompher la raison et le droit. Ce n’est donc pas un hasard si vous apparaissez, aujourd’hui, auprès de beaucoup de femmes et d’hommes à travers le monde, comme l’incarnation de la fonction de Secrétaire général des Nations Unies. (…)
Responsabilité encore avec votre rôle récent dans la crise syrienne. A Genève en juillet dernier, l’espoir d’un accord politique renaissait.
Pour reprendre le mot de Roosevelt – et ceci pourrait être une bonne définition -, vous êtes un « modérateur du monde », passionnément modéré, un homme de conviction et de valeurs à une époque qui doute des siennes. Tout au long de votre carrière, vous avez démontré votre persévérance à arracher des progrès, même modestes pour la paix, les droits de l’homme, le développement. Alors que nous entrons dans le troisième millénaire « à travers une porte de feu », comme vous l’avez dit après les attentats du 11 septembre, vous n’avez jamais cessé votre combat pour la justice et le droit.
« La responsabilité des grands États est de servir et non pas de dominer les peuples du monde » avez-vous dit un jour. La responsabilité des hommes d’Etat ou, comme vous, des hommes d’univers est la même.
Ce sont ces qualités qui vous ont valu de recevoir le prix Nobel de la paix en 2001 conjointement avec les Nations Unies. La République française se reconnaît dans ces idéaux et cet engagement. C’est à eux et à toutes vos équipes qu’elle rend hommage aujourd’hui en vous élevant à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur.”
Si la Terre pouvait parler, son message aujourd’hui serait simple : Mayday, Mayday, Mayday.
Il est décisif, au moment où se réunit cette conférence de Doha, d’avoir à l’esprit trois questions fondamentales et les réponses urgentes qu’elles appellent.
Lors du discours prononcé à la conférence climat à Doha
Première question : Les changements climatiques représentent-ils une menace ?La réponse est « oui » : une menace immense. LEGIEC ne cesse d’alerter sur l’aggravation de la situation. Les événements climatiques extrêmes se multiplient, les dégâts sont de plus en plus dévastateurs, les victimes de plus en plus nombreuses. Ce qui est en jeu, ce n’est pas simplement la préservation de notre environnement, c’est l’existence même d’une planète habitable.
Deuxième question : y pouvons-nous quelque chose ? La réponse est « oui ». Tout retard à agir rend plus difficile la stabilisation. Avec plusieurs degrés en plus, personne ne sera à l’abri des effets des bouleversements climatiques. Notre monde sera plus dangereux, plus violent ; les difficultés alimentaires s’aggraveront ; le nombre des réfugiés climatiques explosera. Les efforts en faveur du développement seront annulés dans de larges secteurs de la planète. Les conséquences économiques, sociales et financières seront massives.
Troisième question : avons-nous pris la pleine mesure du danger et des décisions à prendre ? La réponse est « non » : tous les ans, un nouveau record mondial d’émissions de gaz à effet de serre est battu. Le « monde à plus 4 degrés » que décrit le dernier rapport de la Banque mondiale, avec ses conséquences dramatiques, est malheureusement une possibilité qui se profile devant nous.
Réponses à la presse à la sortie de la réunion, New York, le 27 septembre 2012 :
Q - Que pouvez-vous dire de la réunion E3 + 3 sur l’Iran qui s’est tenue cet après-midi ?
R - Elle a été courte car nous sommes unis. Nous nous sommes accordés sur notre unité, et sur le fait qu’il faut exercer des pressions. Sur ces points, unité, pression et ouverture, le groupe E3 +3 parle d’une seule voix.
Q - Êtes-vous d’accord avec ce qu’a dit M. Netanyahu à la tribune de l’ONU, à savoir que l’Iran est très proche de franchir cette «ligne rouge» ?
R - Ce qui est très important, c’est que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne, qui se sont réunis aujourd’hui, sont unis sur la démarche à adopter envers l’Iran.